Tuesday, January 26, 2010

Que faire des débris d’immeubles effondrés lors du séisme ?


Les jeter à la mer pour attirer les poissons???

Il ne s’agît pas d’une blague. Jeter des matériaux de construction, des pneus, ou de la feraille à la mer permet de créer un récif artificiel (artificial reef en anglais) et tout comme un récif naturel, le récif artificiel attire poissons, mollusques et autres résidents du monde marin. Qui dit abondance d’animaux marins dit opportunités intéressantes pour la pêche et l’élevage de poissons (aquaculture). Et parler de du développement de la pêche revient à parler d’augmentation de la production alimentaire locale et de création d’emplois. De plus, avec tous les poissons et autres animaux marins qui y élisent domicile, les récifs artificiels attirent tout naturellement des amateurs de plongée sous marine et servent même à créer les genres de vagues dont les amateurs de surf sont friands. Donc, au-delà de la pêche, les récifs artificiels pourraient contribuer au développement du tourisme.

Bien entendu il ne suffira pas de jeter ces débris à la mer n’importe comment. Un récif artificiel nécessite un projet bien ficelé et une sérieuse étude d’impact environnemental, car aussi intéressante que paraît l’idée, certains ont mal tourné. Tel est le cas d’un récif construit en Floride qui a fini par nuire à la flore marine. Toutefois des exemples de récifs artificiels réussis existent comme à l’île de la Réunion où l'on est en train d’en construire, justement, à partir du béton venant d’immeubles démolis.

Loin d’être une panacée, la possibilité de créer des récifs artificiels le long des 1 771 km de côtes d’Haïti mérite d’être étudiée. Et si jamais l’idée est trop coûteuse ou trop risquée sur le plan environnemental, d’autres utilisations des débris du séisme sont à explorer. Le béton provenant des décombres peut par exemple être broyé et mélangé à d’autres matières peut être utilisé dans la construction de routes et d’immeubles, comme le fait remarquer le président de GDG béton dans cette interview avec la radio américaine NPR.

Photo: Richard Ling et Wikipedia

Monday, January 25, 2010

Bill Clinton comme administrateur en chef ?


Cet article du magazine The Economist ne propose ni plus ni moins que de remplacer l’actuel gouvernement par une administration intérimaire ayant à sa tête Bill Clinton et assisté d’un haïtien comme premier ministre.

Photo: Getty Images

Quelles solutions apporter aux problèmes d’Haïti? Économistes et autres « experts en développement » opinent après le séisme du 12 janvier.

Haïti vient d’hériter d’une catastrophe humanitaire sans précédent. Des millions de nos concitoyens doivent désormais être soignés, nourris et abrités dans l’urgence si nous voulons éviter que les pertes en vies humaines ne s’alourdissent. Mais, au-delà de ces besoins immédiats, que faire ? Quelles réponses concrètes apporter à des maux comme la pauvreté de masse, la faiblesse de l’état ou l’exclusion sociale qui ont été notre marque de fabrique pendant trop longtemps ?

Plusieurs économistes et autres « experts en développement » se sont penchés sur la question et les propositions sur ce qu’il faudrait faire pour résoudre les problèmes de long terme d’Haïti arrivent de toute part. Loin d’être toujours d’accord avec ces propositions (qui se contredisent souvent d’ailleurs), nous pensons cependant qu’ils peuvent aider à susciter les réflexions et les débats qui nous font tant défaut. Dans les prochains posts, Kaytikal entend vous présenter ces différentes idées et vous encourage plus que jamais à y réfléchir, à en discuter et à les commenter.

Wednesday, January 20, 2010

Interesting article by Haitian PhD student in earthquake engineering for CNN.

Fouche is an engineering PhD student at the State University of New-York, Buffalo.
The link is here.

Monday, January 18, 2010

Tuesday, November 10, 2009

La plante miracle ? «Gwo mestiyen », pour ou contre ?

Planter massivement du Jatropha (« Gwo mestiyen » en créole) en Haïti reviendrait à faire d’une pierre plusieurs coups. Selon ses promoteurs, le Gwo Mestiyen est une plante ultra résistante qui peut se développer rapidement sur les pentes arides de nos mornes déboisés et les protéger contre les inondations dévastatrices. De plus, ses fibres peuvent être utilisées en remplacement du charbon de bois pour la cuisson ou pour fabriquer de l’huile qui servira de carburant à des génératrices produisant de l’électricité. Pour couronner le tout, les déchets provenant de la production de l’huile à partir du Gwo mestiyen peuvent être transformés en compost ou encore en nourriture pour poulets et cochons, voire même pour tilapia.

Des investisseurs haïtiens et étrangers sont actuellement intéressés à planter du Gwo mestiyen sur grande échelle selon cet intéressant article du New York Times. Par contre la Plateforme Haïtienne de Plaidoyer pour un Développement Alternatif (PAPDA) soutient que pour produire suffisamment d’huile, le Gwo Mestiyen doit être planté sur des terres fertiles et remplacer ainsi la production de pois, maïs, bananes, patates et autres ignames. Le Gwo Mestiyen mettrait en quelque sorte ce qui reste de la production alimentaire locale en danger. Considérant les bénéfices et risques supposés du Gwo Mestiyen, vaut-il la peine d’essayer sa culture sur grande échelle quitte à importer un peu plus de quoi manger? Quelle devrait être la priorité ? Protection de l’environnement ou production alimentaire locale?
Photo: rechargenews.com

Sunday, September 27, 2009

Des entreprises haïtiennes classées parmi les meilleures de la Caraïbe.


Des entreprises haïtiennes arrivent dans le peloton de tête du Pionners of Prosperity Awards, un concours récompensant des entreprises caraïbéennes performantes évoluant dans des environnements difficiles. La Compagnie d’assurance AIC obtient le 2ème prix, l’entreprise informatique Solutions S. A. et la firme Gama sont également dans le peloton de tête. Toutes nos félicitations à ces trois entreprises !
Fait à signaler, deux des 3 firmes (Gama et Solutions S.A.) ont été créées par des anciens de la Faculté des Sciences de l'Université d'État d'Haïti. Quand on connait ce que peut apporter l'université au développement d'Haïti et quand on observe la crise actuelle à l'UEH, on se dit qu'un sursaut pour éviter la disparition de ce patrimoine est plus qu'urgent.
Les vidéos de présentation de AIC et Solutions S.A. lors du concours suivent :

Solutions S.A. from DDC International on Vimeo.


Alternative Insurance Company from DDC International on Vimeo.

Thursday, August 20, 2009

Interesting article on Haiti from the most famous travel & tourism magazine.

The beach at Les Anglais (Sud).

We don’t have the opportunity to read such interesting pieces on Haiti in the International press too often. You may find the article a bit long but I think it’s worth reading. Click on the link here.
Photo: Brigitte Lacombe, Condé Nast Traveler.

Thursday, August 6, 2009

Recréer Hong Kong en Haïti ? Propositions d’un célèbre économiste.

Vue nocturne des gratte-ciel de Hong Kong.

Créer des villes sur le modèle de Hong Kong dans les pays les plus pauvres du monde, tel serait le moyen d’y amorcer le développement économique selon le célèbre économiste américain Paul Romer. L’idée peut paraître saugrenue à plus d’un, mais faisons en rapidement le tour.

Pourquoi choisit-il Hong Kong comme modèle? Hong Kong est maintenant une ville chinoise mais entre 1842 et 1997 elle a été sous administration britannique. Alors qu’elle n’était qu’un village de pêcheurs en 1842 elle s’est rapidement développée pour devenir l’une des villes les plus prospères de la Chine et du monde. Parmi les rasions de ce succès, beaucoup pointent du doigt le système mis en place par les anglais. Ce système très favorable à la création d’entreprises et aux investissements aurait permis à ses habitants de s’enrichir beaucoup plus rapidement que ceux du reste de la Chine qui ont du faire face à des décennies de déclin économique jusqu’à la fin des années 70. À cette époque, les dirigeants chinois voyant le succès de Hong Kong n’ont pas hésité à copier le modèle et à l’appliquer à d’autres villes en créant les Zones Économiques Spéciales (Z.É.S.).

Ces Z.É.S. où de nombreux services sont fournis par des entreprises privées (électricité par exemple) disposent aussi d’une législation plus avantageuse pour les entreprises (faibles taxes, terrains et locaux à prix réduit) et ont rapidement prospéré par rapport au reste de la Chine. À titre d’exemple, la Z. É.S. de Shenzen a reçu des dizaines de milliards d’investissements étrangers depuis le début des années 80 et est devenu le 2ème plus grand port de la Chine alors qu’elle n’était qu’un village en 1979. Le modèle a été répliqué à travers de nombreuses villes chinoises depuis et a permis à la Chine de se transformer en 2ème économie mondiale derrière les USA à la fin des années 2000. Il est à signaler qu’ au lieu d’appliquer le régime des Z.É.S. a travers tout le pays en même temps, leur création progressive a permis au gouvernement chinois de concentrer de faibles ressources dans des régions bien précises pendant un certain temps. Cette application progressive lui a sans doute aussi permis d’apprendre ce qui marchait et ce qui ne marchait dans le modèle avant de l’étendre à travers le pays.

Paul Romer propose donc de créer des villes régies par une législation économique similaire à celle de Hong Kong et des Z.É.S. chinoises à travers les pays les plus pauvres de la planète. Des villes qui pourraient être co-administrées par le pays où elles sont situées et un pays étranger plus avancé économiquement à la manière de l’accord entre la Grande Bretagne et la Chine dans le cas de Hong Kong. La proposition de Romer va sans doute attirer beaucoup de critiques vu son caractère, disons le franchement, néo-colonial. Mais peut-on le rejeter d’un revers de main quand on voit l’amélioration des conditions de vie des chinois durant ces 30 dernières années obtenue à partir de la réplication du modèle de Hong Kong? Serait-il souhaitable/possible de l’appliquer en Haïti ? Vos commentaires sont les bienvenus!

PS : Ceux qui sont intéressés à avoir les détails des propositions de Romer peuvent visionner ce clip vidéo ou consulter son blog.
Photo: asiahotels.com

Tuesday, July 28, 2009

Qui a dit que ce blog devait être “sérieux”?


Qui a dit que ce blog devait être “sérieux”? Qui a dit qu’il devait y avoir une certaine cohérence dans les idées ? Qu’il ne fallait pas mélanger ce qui paraît disparate ? Mais bon…un blog c’est aussi fait pour ça.
Commençons par parler du nom vrai nom de Wyclef. Peut-être que vous le saviez, mais moi non. L’haïtien le plus connu de la planète répond au véritable nom de Nel Ust Wycliffe Jean. Voilà ce qui s’appelle un vrai nom d’haïtien! Ce prénom, Nel Ust Wycliffe l’a reçu de son père pasteur s’inspirant du prénom du théologien anglais Wycliffe John. Pour le Nel Ust, je ne vois toujours pas d’où il vient. Ce dont je suis sûr c’est que Pasteur Jean ne manquait pas d’imagination, comme en témoigne les prénoms de deux autres de ses enfants Blandinna Melky Jean et Farel Sedeck Guerschom Jean. Ceux qui sont versés dans l’Ancien Testament remarqueront que le nom du personnage biblique Melkysedeck (Melchisédech en français) a été partagé entre le frère et la sœur. Quelqu’un pourrait-il m’expliquer pourquoi nous autres haïtiens sommes si créatifs quand il s’agit de trouver des prénoms ?
Sur une note plus sérieuse, mentionnons la parution prochaine du livre de notre compatriote philosophe Wilson Décembre : Vitalité et Spiritualité. L’auteur qui enseigne à Pace University et à la City University of New-York y parle du rapport au monde afro-haïtien en faisant dialoguer les auteurs indigénistes haïtiens avec des penseurs occidentaux comme Nietzsche, Freud ou Sartre. Le livre devrait sortir au mois de septembre dans la maison d’édition française bien connue l’Harmattan.
Bon voilà, j’ai réussi à faire un texte. Cohérent ? J’en doute. Encore une fois si vous avez une théorie pour expliquer la créativité haïtienne en ce qui à trait aux prénoms, n’hésitez pas à la partager avec nous.

Friday, July 24, 2009

Tourisme en Haïti: capitaliser sur Labadie.

Touristes sur la plage de Labadee™.
Les obstacles au développement du tourisme en Haïti sont nombreux, cependant un récent article de la revue spécialisée Travel Weekly signale comment le potentiel d’Haïti peut être mis à profit, notamment à Labadie et le nord d’Haïti en général. L’article recèle pleins d’informations sur l’état actuel du tourisme en Haïti et les possibilités d’extension du secteur. Morceaux choisis accompagnés de quelques unes de mes réflexions:

Haïti reçoit en moyenne 1,5 million de visiteurs par an dont 500 000 touristes étrangers (la quasi-totalité débarquant à Labadie).

Comment profiter de la proximité de la Citadelle et y attirer les touristes de Labadie ? Une route passant par le Cap nécessite réaménagement et assainissement de la ville, une possibilité à plus court terme serait de construire une route passant par la baie de l’Acul pour aboutir à Milot. Autre obstacle : où conduire un touriste accidenté durant l’excursion vers la Citadelle? En effet une compagnie internationale ne s’engagera pas à conduire des touristes à 910 m d’altitude s’il n’y a pas garantie de soins d’urgence en cas d’accident. Sur ce point je me demande si on ne pourrait envisager une coopération avec l’hôpital de Milot (d’une grande renommée dans la région d’ailleurs) où des investissements bénéficiant à la population locale pourraient être consentis tout en garantissant la disponibilité de soins d’urgence pour visiteurs accidentés.

La Royal Caribbean (Compagnie de croisière qui exploite le site « Labadee ») emploie 230 haïtiens de façon régulière et 300 à titre de contractuels.

La Royal Caribbean paie 6$ US par passager à l’état haïtien. Si ma mémoire est bonne je crois que ces revenus sont censés être partagés à part égale entre la commune du Cap-Haitien, le gouvernement central et le CASEC de la section communale où se trouve le village de Labadie (Bande du Nord) faisant de lui-du moins sur papier-le CASEC le plus riche de la république.
Le contrat d’exploitation du site de « Labadee » s’étend à 2026, la compagnie travaille sur une proposition de renouvellement du contrat qui s’étendrait à 2050.

Le site de « Labadee » a une capacité de 8 000 visiteurs mais n’en accueille pour le moment que 4400. Pour accueillir l’ «Oasis of the Seas », le plus grand bateau de croisière du Monde, des travaux sont actuellement réalisés afin d’agrandir le port et de permettre aux touristes de passer directement du bateau à la plage (Ils empruntent actuellement une chaloupe en laissant le bateau pour se rendre sur le site).

Au début de l’exploitation du site (fin des années 80 et début des années 90) , la Royal Caribbean évitait de préciser que « Labadee » se trouvait en Haïti. On informait les touristes qu’ils feraient escale sur l’île d’ « Hispaniola ». Ce n’est plus le cas, la compagnie indique ouvertement que le site se trouve en Haïti.

Il y a Labadie et « Labadee™ ». Labadie est le village de pêcheurs le plus proche du site et « Labadee™ » est la station balnéaire aménagée par la Royal Caribbean qui l’a enregistrée comme une marque déposée (trade mark). La compagnie a opté pour ce nom afin de ne pas effrayer ses clients anglophones avec la terminaison « die » (mourir). Cette décision avait suscité de nombreuses protestations du côté haïtien.

Sunday, July 19, 2009

Moloch Tropical: le blog du dernier film de Raoul Peck sur le Net.

Tournage en plein brouillard à la Citadelle.

Le blog de « Moloch Tropical », dernier film de Raoul Peck tourné en plein Citadelle Laferrière, vaut le détour. L’équipe du film y relate le déroulement du tournage entre avril et mai 2009 et présente les acteurs (dont Jessica Généus, Jimmy Jean Louis et Sonia Rolland ex-miss France) ainsi que le décor et de superbes photos de la Citadelle. Le tournage semble avoir été l’occasion d’une fructueuse coopération avec la population locale. Les habitants de Milot et des environs ont ainsi joué aux figurants, produit la nourriture alimentant l’équipe alors que les artisans locaux construisaient une bonne partie du décor.

À rappeler qu’il ne s’agît pas d’un film sur Henri Christophe, comme certains l'auraient cru. Selon le synopsis, Moloch Tropical raconte les dernières vingt-quatre heures d’un gouvernemnet avant sa chute. «Dans le huis clos d’un palais-forteresse niché au sommet d’une montagne, le « Chef Suprême » entouré de ses proches collaborateurs, se prépare pour une soirée de gala commémoratif, où seront présents dignitaires et chefs d’états étrangers. Mais ce jour-là dans la ville, des barricades s’élèvent. Et c’est là que les choses vont déraper…»













Scène du film: le president entouré de ses hommes (les capois reconnaîtront Rosny Félix à droite).
Au-delà de sa dimension purement artistique, « Moloch Tropical » rappelle, à ceux qui l’auraient oublié, tout ce qu’il est encore possible de tirer de nos ressources propres.
Chapeau à Raoul Peck !
Photos:Marie Baronnet/Blogs ARTE TV: Moloch Tropical

Tuesday, July 14, 2009

CNN/Anderson Cooper : Rèstavèk ou être esclave en Haïti.

Lundi 13 juillet 2009, Haïti est au centre de AC 360⁰, l’émission phare d’Anderson Cooper sur CNN. Le seul pays né d’une révolution d’esclaves est sous les projecteurs à cause, justement, des milliers d’enfants qui s’y trouvent dans un état de quasi-servitude. Le fait qu’un rèstavèk corresponde ou non à la définition du terme esclave fait encore débat dans certains milieux d’Haïti et beaucoup souligneront que Ti Joseph placé chez Tante Violette va à l’école le soir et reçoit deux repas par jour.

Néanmoins, quelque soit votre définition d’un rèstavèk, nul ne peut nier qu’il s’agit d’une condition humainement dégradante. Nul ne peut non plus attendre d’un enfant, qui passe ses journées à vider les pots de chambre (les fameux vaz) et à nettoyer les parquets sous les flots d’injures d’une Matant, qu’il apprenne grand-chose à l’ «école» (dans les cas où il y va) dans l’après-midi.

La Fondation Maurice Sixto et The Restavek Foundation (fondée par Jean Robert Cadet, lui-même ancien rèstavèk ) continuent de mener une campagne active contre le système et une plus grande attention est désormais accordée à la question au niveau international (cf : cet autre émission de CNN sur la question en 2007). Toutefois la lutte contre le « système rèstavèk » sera longue. Elle sera d’autant plus difficile que les conditions de vie du paysan continuent de se détériorer, mettant les parents sous la pression d’envoyer leur progéniture chez une Matant en ville.

La bonne nouvelle est que le sort d’une telle lutte dépend aussi de nos choix individuels. Chacun de nous peut décider de ne pas prendre en charge un Ti Joseph qu’on enverra peut être à l’école en échange de multiples services. Chacun de nous peut en parler autour de nous et travailler à changer les attitudes sur la question.

P.S. : L’ émission d’Anderson Cooper sur les rèstavèk sera en rediffusion ce mardi 14 juillet sur CNN à 10 heures PM (heure de l’est des États-Unis).
Photo:Restavek Rescue.org

Friday, July 10, 2009

Se rendre en Haïti : pas plus risqué que d’aller en République Dominicaine.


Le Canada vient de modifier le « Travel Warning » à l’endroit de ses ressortissants voyageant vers Haïti. Même si le site du Ministère des Affaires Etrangères précise que « les troubles sociaux persistent en Haïti, en particulier durant les périodes électorales », on note qu’Haïti est maintenant placé au même niveau d’avertissement que la République Dominicaine.

Des entrepreneurs haïtiens ont également demandé à Bill Clinton, lors de sa visite en Haïti, d’utiliser son influence pour que le niveau d’avertissement fixé par le « State Department » soit révisé a la baisse. Espérons que nous autres haïtiens ferons le nécessaire pour continuer à influencer les « warning » dans le bon sens.
Photo: Molly Feltne

Sunday, July 5, 2009

Bonne nouvelle : le SIDA en net recul en Haïti.

Micheline Léon et ses enfants. Infectée par le VIH, elle survit depuis 15 ans grâce à l'action de Zanmi Lasante. Source:AP Photo/Ramon Espinosa
Vous vous rappelez peut-être de la fameuse maladie des « 4H ». C’était le nom accolé au VIH/SIDA par le Centers for Disease Control (CDC) aux USA. À l’époque, selon le CDC, les haïtiens étaient avec les homosexuels, les hémophiles et les héroïnomanes les principaux propagateurs du virus. Suite au tollé soulevé par cette classification sans base scientifique et au caractère raciste, le CDC dut renoncer à sa fameuse liste. Cependant le mal était fait. Pour plus d’un, la mise à l’index du CDC contribua notamment à la chute du nombre de touristes en Haïti au milieu des années 1980.

Après qu’Haïti ait fait la une pour le nombre de personnes infectées, les bonnes nouvelles sont là. Le taux d’infection des femmes enceintes est passé de 6,2 à 3,1 % entre 1993 et 2003. Le taux d’infection des 15-49 ans est aussi tombé à 2%. Soit un niveau plus faible que les Bahamas et de bien de pays d’Afrique.

Pour en savoir plus sur ce succès, le récent article de l’Associated Press, From Haiti, a surprise: good news about AIDS, vaut le détour. On y parle notamment de deux acteurs à l’avant-garde de la lutte contre le SIDA: l’haïtien Jean William Pape, directeur du centre GHESKIO, et Paul Farmer, fondateur de l’ONG Zanmi Lasante (Partners in Health) dont le travail dans le Plateau Central a acquis une renommée mondiale.

J’ai quand même quelques craintes. La victoire contre le SIDA en Haïti, se fait-elle aux dépens de la lutte contre d’autres problèmes de santé publique (disponibilité de l’eau potable par exemple) qui aurait pu avoir un plus grand impact ?

Récents articles sur Haïti dans la presse internationale.

flickr.com/fenicio84

Tuesday, June 30, 2009

Ki yès ki bezwen van pou al Lagonav?


48 milliards de dollars investis en vingt ans, 1,5 millions d’emplois créés à travers Haïti dont 215 000 sur l’île de la Gonâve. Voilà ce que promettent les investisseurs de La Gonâve Economic Development Group (entrepreneurs haïtiens) et de la Global Renewable Energy Group basée aux États-Unis dans le cadre d’un projet commun de développement de l’île. La nouvelle circulait depuis un certain temps dans les milieux généralement bien informés, elle a été annoncée en grande pompe lors d' une rencontre à l’Hôtel Montana.
De quoi s’agît-t-il ?
Le projet vise à construire, à La Gonâve, le plus grand port touristique de la Caraïbe. L’île accueillerait six bateaux de croisière par semaine à raison de 6 000 passagers par bateau. 250 000 hectares devraient être mis en valeur afin de nourrir ces touristes et la construction d’un aéroport international est prévue. Le projet devrait s’étaler sur 20 ans et produire, entres autres, les résultats cités au début. Un centre de formation serait également construit en vue de former le personnel haïtien qui sera employé sur le site. La Gonâve fonctionnerait comme une entreprise liée par contrat (renouvelable) de 49 ans à l’état haïtien qui recevrait 34% de tous les revenus générés sur l’île.
Le problème.
Les investisseurs se plaignent de la lenteur de l’état haïtien à leur accorder l’autorisation nécessaire pour lancer le projet alors que les documents nécessaires à l’étude du dossier ont été fournis au gouvernement depuis un an. Ils menacent du coup de se rendre en République Dominicaine au cas où cette approbation ne leur serait pas accordée dans les prochains jours. Dans une interview sur Radio Métropole, le Directeur du Centre de Facilitation des Investissements (CFI) confirme que le dossier est à l’étude. Vu que l’état haïtien n’est pas habitué à recevoir des demandes d’investissement d’une telle envergure, le délai d’analyse du dossier dure plus longtemps, assure-t-il.
La Gônave a le vent en poupe.
Ces investisseurs sont loin d’être les seuls à s’intéresser à l’île. Selon les rumeurs, il y aurait une quinzaine de méga-projets d’investissement concernant La Gonâve déposés par des entrepreneurs étrangers et haïtiens auprès du gouvernement. A titre d’exemple, une recherche rapide sur Google me dirige vers le site du La Gonâve Development Corporation (GDC), formé par des investisseurs d’Haïti et de sa Diaspora, lesquels seraient prêts à débourser cinq milliards de dollars pour un projet de développement de l’île.
Questions
Tout cela paraît bien beau. Cependant, à entendre les promoteurs du projet de 48 milliards de dollars, on a parfois quelques difficultés à cerner leurs objectifs. Dans une interview accordée sur Vision 2000, à laquelle intervenait notamment Fred Rice, PDG de la firme américaine Global Renewable Energy Group, le projet est présenté à la fois comme un pôle touristique, un centre de production énergétique régional et une place d’implantation de sociétés financières. Une recherche rapide à partir de Google (oui encore Google !) sur Fred Rice et la Global Renewable Energy Group ne fourni aucun résultat concernant l’entrepreneur. Quant au site de son entreprise, il est encore en construction…En plus, à ce stade du projet, on s’attendrait à une maquette ou une présentation 3D du projet…rien de pareil n’a été présenté. Espérons que de plus amples informations seront disponibles sous peu.